Parking Day

Publié le par Marie LC

Aujourd'hui c'était Parking Day. Rebecca faisait une émission sur radio HDR à Rouen. Au menu : des assos avec de chouettes projets, de la littérature, de la musique, de l'architecture, du shiatsu, de la bonne humeur. Elle m'a aussi proposé de m'essayer à la chronique radio. Challenge! Bon, Parking Day, c'est une journée pour envahir les trottoirs et réfléchir à comment on se partage, nous les humains, cet espace public. Voilà ma petite cogitation sur le sujet...

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J'ai limite une passion pour le flanage dans la rue (nouveau mot du jour). J'aime ça. Avancer, à petits pas, appareil photo en main. Sentir les palpitations d'une ville. Ecouter les bruits, ceux qui sont au fond, sentir les odeurs, regarder le flux et le reflux des passants. Me demander à quoi ils pensent, où ils vont, et pourquoi.

Regarder comment ils évoluent dans l'espace, comment ils se partagent les trottoirs, la manière dont ils ne partagent pas les bouts de vie qu'ils frôlent et croisent.

La façon dont ils expriment la générosité, l'égoïsme. Observer comment ils s'aident ou se détestent, l'espace d'un instant.

Regarder partout donc. Le beau, le moche, le bordel, le sale, la désorganisation, le tout juste construit, les tentatives d'alignement pour faire comme si la ville était réellement belle. Je regarde, l'ensemble, les détails. Ça me nourrit.
Je m'interroge sur ce qui est passé par la tête de ceux qui ont collé, dessiné ou écrit sur les murs. Et quel feu s'est allumé dans la tête de ceux qui ont refusé de partager . Ceux qui recollent sur les affiches, couche après couche, ceux qui réécrivent sur les mots des premiers, ou qui retaguent sur les graffitis des autres.

Ca veut dire quoi en vrai cet empilement des choses, des pensées, des images, ces amas de couleurs, de symboles et de mots ? Il faut alors imaginer ce qui a voulu être dit, et aussi ce qui n'a pas pu l'être...
Et je me demande finalement ce qui a été reçu, ce qui a été réellement lu, compris ou pas...

Est-ce que tout est éphémère ? Ou bien, est-ce qu'un mot ou une image aura germé dans la tête d'un passant pour devenir autre chose ?
Aujourd'hui, tout est flou. Les frontières, la politique, le monde, la limite entre vie publique et privée, demain, les projets qu'ont chéris et qu'on ose pas. Est-ce que l'espace public l'est aussi ?

Malgré les tentatives quasi désespérées de marquer les contours de tout, du bâtiment, au marquage au sol en passant par les espaces verts ?
Et si c'est flou, comment partager ce que finalement on a du mal à définir autrement que pour un cabinet d'urbanistes.

Comment définir ce dont beaucoup n'ont même pas conscience de traverser, d'envahir, d'occuper ou de survoler ? Comment redéfinir l'espace et ce que nous avons désigné comme public ? Est-ce que l'espace public est réellement à tous ? Comment partager quelque chose qui ne nous appartient pas réellement?
Comment réussir à se réinventer ?
Parking Day
Parking Day
Parking Day
Parking Day
Parking Day
Parking Day
(c) Photo prise par Rebecca - La radio en fait, c'est chouette!

(c) Photo prise par Rebecca - La radio en fait, c'est chouette!

Publié dans Normandie, Poésie, Bordel

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Quidu 21/09/2014 08:28

La radio en fête, c'est chouette...en fait. Je suis aussi faciné par le mouvement des gens dans la rue dans le métro. Nous suivons des itinéraires, inconciamment ou non. L'attention de chacun se fixe sur des pôles différents. Ce qui interpelle l'un laisse l'autre indifférent. Les couches successives appliquées sur les surfaces, verticales ou non, quelles soient de peintures de papier, de terre ou quelque matériel qui soit nous montrent le côté éphémère des choses, des cultures, de l'homme...