Un monde en perdition #1

Publié le par Marie LC

Un monde en perdition #1

Châpitre 1

Il avait suffit que quelques millions de personnes votent Leave pour que le monde vacille. Pendant les premières semaines, tous les politiques répétaient en boucle qu'il fallait changer d'angle de vue, revoir la copie, repartir du début. On avait raté le coche, pas vu ce que tout le monde pointait du doigt. Pourtant tous les signes étaient là.
Les médias passaient en boucle des images des réunions dans toutes les capitales. Tous ceux qui voulaient exister, sans comprendre que les égos n'avaient clairement plus leur place, passaient chaque soir au JT. Une sorte de grand guignol télévisuel. J'ai le souvenir d'avoir été affligée devant le spectacle.
Mais la rue voulait autre chose. Autre chose que cette trajectoire ascensionnelle direct vers le néant. Partout, des heurts, des manifs éclataient. Rapidement, une profonde tranchée se creusait entre des fractions de la population. Les fascistes gagnaient du terrain. Et même en agitant les pages de l'histoire pour avertir, ils poursuivaient leur progression. Les pacifiste perdaient du terrain et pour tout dire leur calme. Le monde s'est peu à peu divisé, morcelé.
Mais parler, parler, encore et encore n'avance à rien si tu n'agis pas. Et les politiques en étaient encore à disserter quand le fou avait été élu de l'autre côté de l'Atlantique. Celui-là, avec pour seul programme d'être élu a dû avoir la trouille de sa vie une fois qu'il a réalisé qu'il y était. Comment faire face à un monde qui se disloque ? Déjà les français avaient atteins un degré inenvisageable dans le bordel dont pourtant ils étaient coutumiers. Le feu à pris partout. Les continents ont commencé a devenir des territoires de conflits. Les zones de paix se sont réduites à des confettis. Et ceux qui cherchaient à fuir n'ont bientôt plus eu aucun lieu où se réfugier. Nous avions été des missions à regarder les bateaux traverser la mer avec à bord des familles, des femmes, des hommes et leurs enfants. Nous avions été tristes et profondément affectés. Sans rien faire pour la plupart d'entre nous. Et puis notre tour est venu. En vain.
Quand le russe a déclaré la guerre à deux nouveaux voisins, tout s'est accéléré.
Et le monde a basculé dans le chaos.
Les systèmes sociaux se sont disloqués à la vitesse de la mer qui monte. L'économie déjà fragile comme un faon s'était couchée entrainant dans sa chute des milliers d'individus. Nos boites ont mis la clé sous la porte, une sorte de guerre éclair avec des dégâts sur les économies occidentales sans aucune mesure. Une guerre dont tout le monde était le protagoniste. Tous les systèmes bancaires se sont écroulés si vite que personne n'a rien pu sauvé. Je crois bien que même si on pressentait que l'abysse se présentait à nous, individuellement on ne voulait pas y croire. Une forme de méthode Coué. Ca va s'arranger, ça va s'arranger...
J'avoue, je n'y croyais pas vraiment. Une sourde inquiétude vrillait le fond de mon estomac mais comment imaginer que le pire était devant nous ? Et clairement, j'avais l'impression de revenir 20 ans en arrière.
Je me rappelle qu'enfant je regardais les images de ses longues files d'attente devant les rares magasins à l'est du continent, ou ses images d'archives de la seconde guerre mondiale. Mais que ça restait quand même abstrait, surtout pour une enfant des 30 glorieuses. Née sous le signe de l'opulence occidentale, privilégiée, choyée. Le chaos est venu fracasser en pleine figure ma génération. Inadaptée à un tel choc.
La survie a commencé à s'organiser. Pour certains c'était en quelque sorte une aubaine de pouvoir reconstruire une économie. Et puis, nos monde ont basculé dans la seconde phase du chaos.
Quand les hôpitaux se sont retrouvés en faillite après la chute des états; à la crise ont succédé les épidémies. Les plus faibles ont été percutés de plein fouet. En à peine quelques mois, il y a eu tant de morts que les rares radios qui diffusaient encore ne pouvaient même plus faire le compte. Une période surréaliste. J'ai eu pendant des semaines la sensation d'être plongée dans un film apocalyptique version US. J'ai vu les miens tomber les uns après les autres sans pouvoir changer les choses. Avec quelques proches, nous avons migré.
Les guerres de territoire se sont atténuées. L'espace et la terre, enjeux de pouvoir à peine quelques mois plus tôt, n'étaient plus un bien précieux, ni même un enjeu. De toute façon, pour quoi faire ?

A suivre...

Publié dans 2016, Ecriture

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Quidu 09/11/2016 20:06

Même pas fiction, un prélude de réalité...bien sûr que je veux connaître la suite, dans ton texte évidemment et surtout dans notre futur proche.